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avril 2008

30 avril 2008

Le gentil Dalaï-Lama

Je suis resté sage quant aux discours médiatiques antichinois jusqu'à hier soir. M6 nous a servi un "66 Minutes" certi d'une enquête vaseuse et superficielle façon Charles Villeneuve sur une Chine féodale dont les patrons peu scrupuleux exploitent des travailleurs dans des conditions lamentables, dont la mafia kidnappe des enfants pour les revendre soit aux Occidentaux (les cathos de gauche) soit à ces mêmes patrons qui n'auront pas de salaire à verser à ces mômes éreintés dans des usines à 10 ans. Reportage édifiant donc, strictement narratif, mais avec cette thèse: le parti communiste est méchant puisqu'il manipule les médias en montrant aux Chinois un pays prospère où l'ouvrier est bien traité. Ca rappelle la propagande stalinienne...

Je veux bien que l'on parle de cette Chine-là, de ces patrons-là, de ces enfants-là, de ces travailleurs-là, des méchants communistes et des quelques Zorros locaux qui luttent contre ces oppressions, mais par pitié, que l'on arrête de faire une fixette sur un nouveau monde bipolaire: celui du gentil Dalaï-Lama d'un côté, et de Pékin la crapoteuse de l'autre. Sans doute l'Europe, dont le rayonnement économique se ternit face à la montée de l'Empire du Milieu, se trouve prise entre courbettes commercialo-publicitaires faites à la Chine à l'approche des JO et méfiance quant à un régime sous écrous; mais je suis las, en marge de ce portrait ambivalent, de voir un Tibet présenté à la sauce "Peace and Love": qui est le Dalaï-Lama? Un soixante huitard avec des fleurs dans les cheveux? Non! C'est un prêtre version orientale qui n'a d'autre mission que de réduire son pays à un état qui ne tolère pas la laïcité. Ca s'appelle une théocratie néoconservatrice, exactement celle qui règne sous Monsieur Bush aux Etats-Unis et se masque derrière un libéralisme économique qui prétend rendre à tout le monde la liberté. La liberté de quoi? D'être croyant, riche et pratiquant. Nuance prêt: le Tibet, montagneux, n'aura qu'à instaurer le servage et la physiocratie comme gage de son originalité despotique.

Il existe donc une Chine pauvre, violente et opprimée, ce qui ne l'autorise pas à envahir ses voisins, certes. Mais cette Chine n'est qu'une vision de la Chine. Présentez donc aux Chinois la France des terroristes basques en leur assénant que le pays du fromage est devenu facho. L'accepteriez-vous?

Heureusement, dans ce portrait caricatural, il y a une vérité qui n'est pas à mettre à notre crédit: celle d'une Chine mondialiste et olympique dont les milliards de pourliches font oublier que l'exploitation des enfants et des travailleurs est en grande partie due à notre assentiment silencieux, parce que sur le dos des Droits de l'Homme, nous collaborons comme des taupes pour empêcher les peuples de disposer d'eux-mêmes (l'argent d'abord!).

Pourquoi la peine de mort émeut-elle plus les occidentaux lorsqu'elle a lieu en Chine plutôt qu'aux Etats-Unis? Sans doute parce que les médias étasuniens et européens ont tout intérêt à instaurer une nouvelle guerre froide pour justifier toutes leurs barbaries en mettant en exergue celle des autres dont nous sommes d'ailleurs responsables.

Masterklaus_signature 

27 avril 2008

Chroniques Rebelles: émission du 12 avril 2008













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24 avril 2008

Un vice dans l'art?

Belle_bteLa beauté de l'art réside dans son imperfection, peut-être. Je balance ça comme un pavé dans la marre. En vérifiant sur le site de Gui Brigaudiot, vicious art.com, je pars à la recherche de ces défauts, je scrute, j'observe, où sont-ils?... C'est peut-être d'un autre vice qu'il s'agit, celui des cauchemars de l'enfance, jamais finis, jamais parfaits: on se réveille toujours avant d'être dévoré par le monstre. Il est à l'affût, à l'approche, aux abois, entre érotisme et vampirisme. Et le sujet prêt à se faire croquer, mitraillé, capté par l'objectif est si seul, tellement seul, que face à son ennemi croque-mort, sa faiblesse en devient presqu'excitante. Ca donnerait faim, pour un peu, malgré l'absence de fin.

"Mes sujets de prédilection sont les êtres qui se sentent seuls, qui attendent le moment-clef de leur existence sans savoir ce qu'il sera. Comme je n'ai jamais considéré la vie telle qu'elle est comme particulièrement désopilante, je laisse libre cours à mon imagination à travers la photographie. Je peux alors tout aussi bien mettre en scène des femmes venimeuses que des croquemitaines de notre enfance."
A croquer sans hésiter: www.viciousart.com
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22 avril 2008

On Vox: Ma vie sociale... en ligne

Utilisez-vous d'autres services de réseaux sociaux que Vox ?

Oui. Pour un blogueur qui se donne pour ambition de réfléchir en disant "non", qui se pose en s'opposant, c'est un peu limite comme réponse, j'en conviens... Le réseau social n'est pas une fin en soi, mais une dynamique de mise en relation qui n'a d'autre but que de promouvoir les domaines de prédilection d'un blogueur et de les mettre en rapport, en friction avec d'autres internautes qui partagent non pas le même point de vue, mais le même centre d'intérêt. Le réseau social est utile mais à mon sens encore trop basé sur le contenu, au détriment du ton.

Il est vrai qu'il m'est difficile de faire mon trou sur la toile car je picore. Mon écriture est transversale, pour reprendre un mot à la mode. Je n'élabore pas des chroniques sur des sujets en particuliers mais choisis des angles particuliers pour aborder tous les sujets. Vous me suivez? Quand je parle de difficulté à faire son nid, c'est simplement parce que beaucoup de blogueurs évoquent les mêmes sujets que moi. La seule chose qui change, c'est, j'insiste vraiment, le ton. Et il n'existe pas encore, à ma connaissance, de moteurs de recherche spécialisé dans les registres ou les genres d'écriture. Là, c'est le littéraire qui parle.

S'il est vrai que les réseaux sociaux m'aident à rencontrer un lectorat, parfois à le fidéliser, la rencontre "manuelle" reste la meilleure des solutions. Je chine sur Google, je rentre des mots clés et tombe sur quelques internautes qui me poussent à réfléchir, contredire, infléchir, modifier, amplifier ma pensée.

Paradoxalement, mon travail est celui de la nuance et du complément, alors même que je prétends être celui qui s'oppose. Paradoxal, une fois de plus. Disons que je m'oppose surtout à toute cette sphère du blog comme commerce qui se cache derrière l'apparence de la pensée.

Le blog n'est ni l'espace de la citoyenneté pour moi (la citoyenneté existe-t-elle d'ailleurs?) et encore moins celui de la consommation, si ce n'est pour la critiquer, la parodier, la contrecarrer.

Et pour le reste, il s'agit de dépasser son petit narcissisme et de résoudre cette énigme: on publie sur le blog seul dans l'intimité de sa chambre, de son bureau ou dans l'espace anonyme d'un cybercafé, mais c'est le monde entier qui vous voit et vous lit au moment où vous envoyer votre sauce.

Le réseau social permet au blog d'être un journal intime lisible par tout le monde. C'est dans l'ère du temps. Demandez à Sophie Calle ou à la Téléréalité!

Masterklaus

Originally posted on masterklaus.vox.com

Le grand casting Kinder chocolat sera-t-il raciste?

KinderA priori non, puisque Gaëlle 8 ans est noire et a eu droit à avoir sa photo sur le site du chocolatier pour morveux. Il y a même un Youssef parmi les finalistes. Bon, au service marketing, ils devraient éviter les Chinois, c'est pas très tendance en ce moment. Quoiqu'il y a du rouge sur leurs boîtes de chocolat, ça peut le faire... Enfin, je serais eux, je m'abstiendrais, même si c'est les JO et qu'on peut se ramasser plein de pognon en mettant des Chinois partout. On frise tout de même la communication de crise.

Comme je suis immature avec un fort penchant pour les délires régressifs, je leur propose ma photo. Dites-moi si vous trouvez que ça peut passer:

Asus0132 

N'oubliez pas les critères de sélection: il faut surtout avoir l'air con! Ca devrait passer...

Masterklaus_signature

21 avril 2008

Nettoyage de printemps

Photo_blog1Dépoussiérons la blogosphère! Nouvelles couleurs, plus bronzées, pour le blog de Masterklaus. Un petit changement de design juste pour faire mon crâneur. Ca s'imposait! Je ne vous ferai pas le coup du "tout devient possible", ni celui de la fameuse expérience unique que vous risqueriez de vivre en vous égarant sur ce site relooké: le fond reste strictement le même, j'ai juste ravalé la façade. Toujours, je n'épargnerai personne, y compris et surtout moi-même. Vous le savez pour venir vous nicher dans la torpeur de mes articles peu recommandables, ce blog fait figure de trou à rats dans le chaos si prolifique du net. Forcément, je participe au tout narcissisme virtuel; bon nombre d'internautes me l'ont reproché en me rappelant que je suis un littéraire respectable et que donc, je dois utiliser un stylo et du papier pour envoyer une histoire de cul à Monsieur Gallimard, comme ça je pourrais être riche et niquer plein de monde. Et bien, je vous le redis: j'ai choisi l'écriture volatile et évanescente du blog, cette écriture qui se référence sur les moteurs de recherche et qui s'efface au fil des mois, une page laissant place à une autre. C'est bien là la force contradictoire du net: l'information et l'opinion se créent en même temps qu'elles disparaissent. C'est trop fort ce que je dis, putain!

Bon, quand même, y'a deux ou trois gadgets nouveaux: jetez un oeil dans la colonne de droite (tout y est), et si vous avez des suggestions, des remarques, des critiques, lâchez vous. Sinon, si vous vous en foutez, ben, ouvrez un compte sur Ebay et vendez vos chaussettes sales.

Masterklaus_signature 

13 avril 2008

Apérothéâtre: on continue!

Invitation

03 avril 2008

Merci à Contretemps!

Je veux remercier très chaleureusement le Bulletin de critique Bibliographique A CONTRETEMPS d'avoir consacré son dernier numéro à Armand Robin et particulièrement Monica Gruszka pour sa très élogieuse critique de mon spectacle Je Viens de la Solitude, une soirée avec Armand Robin.

Vous pouvez télécharger cet article ICI: Téléchargement IMG_0001.pdf

Signature

Miouzik

  • Antony and the Johnsons -

    Antony and the Johnsons: I Am a Bird Now
    Une voix couleur de noyade.

  • Benjamin Biolay -

    Benjamin Biolay: Trash Yéyé
    N'achetez pas ça pour vous marrer, c'est de la poésie, de la vraie.

  • Keren Ann -

    Keren Ann: Keren Ann
    Un délice d'English pop veloutée à déguster sous sa couette les jours de grisaille. Chocolat chaud exigé.

  • Yann-Fanch Kemener -

    Yann-Fanch Kemener: Dialogues
    Chantre d'une Bretagne émerveillée des temps obscurs, Yann-Fanch Kemener fait daloguer musique savante et populaire dans un lyrisme intime et pénétrant. Incontournable.

  • Sigur Ros -

    Sigur Ros: Takk
    Envolées lyriques proches du chant des sirènes, les morceaux de l'ablum Takk poursuivent la recherche postrock minmaliste de ce groupe islandais qui atteint le sublime.

  • Nathan Fake -

    Nathan Fake: Drowning in a sea of love
    Si l'électro vous hérisse à ce point, lâchez vous sur cet album, vous finirez forcément par aimer ça: le romantisme planant réconcilie tout le monde, non?

  • Juliette Gréco -

    Juliette Gréco: Le Temps d'une chanson
    Juliette, muse de Saint-Germain, revisite le répertoire français avec l'éclectisme et la suavité qu'on lui connaît. Son dernier concert au Châtelet fût un moment de grâce, un de ces instants où le patrimoine national nous livre ses trésors en chansons.

  • Ellen Allien -

    Ellen Allien: Apparat
    Depuis l'ablum Berlinette, en passant par Thrills, Ellen Allien la froideur d'une musique électronique indomptée et l'émotion de samples sortis du fond des années 80. Intense, grisant et vitaminé.

  • Casey -

    Casey: Tragédie d'une trajectoire
    Du rap à l'état pur, contestataire et engagé, taillé dans une poésie sombre où le désespoir se consume dans la révolte.

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Des sites trop mortels

La gueule de l'emploi

  • Masterklaus_7
    Y'a des jours où je fais la tronche!

Lu et Approuvé

  • Elliot Perlman: Ambiguïtés

    Elliot Perlman: Ambiguïtés
    Lorsqu'un acte tolère plus d'une interprétation, toutes les pistes sont possibles. Mais seule celle de l'humanité persiste, au-delà de toute condamnation. Un plaidoyer contre la morale financière et la tyrannie de la justice. Et surtout: un diamant d'écriture.

  • Bessora: Et si Dieu me demande, dites-lui que je dors

    Bessora: Et si Dieu me demande, dites-lui que je dors
    Voyage initiatique dans une amazonie littéraire en quête de souvenirs perdus. Drôle, touchant, baroque.

  • Samuel Beckett: Catastrophe et autres dramaticules

    Samuel Beckett: Catastrophe et autres dramaticules
    Aux limites de la poésie et du théâtre, des personnages de fin du monde manifestent leur épuisement, qui est aussi celui du langage. "Il reste peu à dire".

  • François Mauriac: Thérèse Desqueyroux

    François Mauriac: Thérèse Desqueyroux
    Vous aussi, vous subirez son charme.

  • René Schérer: Zeus hospitalier : Eloge de l'hospitalité

    René Schérer: Zeus hospitalier : Eloge de l'hospitalité
    La mondialisation divise les convictions politiques: se replier dans une posture défensive et frileuse au nom d'une souveraineté féconde? ou bien s'ouvrir en vertu d'un droit cosmopolitique qui se borne aux conditions d'une hospitalité universelle? René Scherer décrasse le débat en extrayant l'hospitalité des coulisses de l'Histoire et de la philosophie.

  • Roland Barthes: Mythologies

    Roland Barthes: Mythologies
    Le strip tease, le steack-frites, le catch, l'Abbé Pierre: Barthes dissèque les marqueurs et signaux d'une époque saturée d'icônes représentatives de nos modes de vie, de croire et de pensée. Un ouvrage majeur.

  • Hakim Bey: TAZ

    Hakim Bey: TAZ
    Occupation intermitente d'un territoire temporel ou spatial, le zone autonome est une force de subversion disparaissante qui échappe aux époques. Anonyme, elle reprend à l'espace qu'elle circonscrit la liberté qui lui a été volée. De la piraterie utopique à la cyber-culture, l'auteur analyse le potentiel révolutionnaire de ce mode intenable de contestation.

  • Naomi Klein: No Logo

    Naomi Klein: No Logo
    Une critique acerbe de l'expansionnisme des marques et du grignotage de l'espace social par les identités marketing avec pour corollaires: l'appauvrissement culturel, la fabrication d'une utopie commerciale et les dérives de la course au profit transformant les populations en une masse nomade d'intérimaires.

  • Michel Maffesoli: Du Nomadisme: Vagabondages initiatiques

    Michel Maffesoli: Du Nomadisme: Vagabondages initiatiques
    Outre Le Temps des Tribus, ouvrage majeur, Du Nomadisme montre comment les multiples formes de fluctuations du monde postmoderne donnent naissance à la notion de nébuleuse affective qui caractérise une nouvelle société fourmillante et atomisée en quête de nouveaux repères.

  • Fiammetta Venner: Extrême France

    Fiammetta Venner: Extrême France
    Le Front National est la synthèse d'une série de courants appartenant à la droite radicale: les mouvements nationaux-radicaux, royalistes, catholiques traditionalistes et provie. Dans une perspective historique et thématique, l'auteur passe au scalpel ces idéologies sous-jacente à l'ultra-droite. Un ouvvrage aussi sombre qu'éclairant qui se dévore comme un roman policier.