C'est comme une carte postale: ça respire la perfection, mais avec des indélicatesses, des pliures sur les bords. Regardez, il y a çà et là des couleurs de jamais vu. Je me sens en ce moment même habité par l'amour. Je me sens comme si tout me souriait. Au fond, je suis un rien naïf, je l'avoue, m'en voulez-vous? Je crois encore aux choses faciles, aux bises franches, aux amitiés qui durent, aux amours dociles. Oui, mais j'ai tant cru que tout cela ne viendrait plus. Pourtant depuis quelques mois, les gens que j'aime m'apparaissent dans une clarté vierge, presque mouvante mais sans nuages. Ou si nuage il y avait, celui-là ne serait que de passage. Oh! Rien d'extraordinaire, juste un goût de framboise dans l'arrière gorge, une moitié de fougère caressant mes pieds nus. Tout cela, je vous le dois.
Il me plaît de vous voir, et je suis "précieux", disent mes détracteurs. Peu m'importe au fond. J'apprécie tout et son contraire: des villes aux champs, du même à l'étranger, de la souris au rat, des plaines aux vallées. Je me souviens de vous et, perdu parfois, mais retrouvé dans vos si grâcieux visages, et de visages en visages, toujours radieux. C'était il y a longtemps je crois. Et pourtant ce bien être m'habite: amour, disais-je. Vous n'y croyiez qu'à peine en ce temps-là. Le mot vous était lointain. Aujourd'hui encore, à peine daigneriez-vous le prononcer. Je vous aime tant et vous ai tant aimé. L'âme au chevet du désir de vous revoir, tant de saisons à vous attendre, tant d"heure passées à vous rêver.
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