Samedi 12 Avril à 13h30 dans Les Chroniques Rebelles
Je reçois Karin Bernfeld, Bessora, Grischa et Vincent autour de la question du corps et du genre dans la littérature et le sport.
Sommée de plaire quitte à se fourvoyer dans l’anorexie forcée, le mannequin postmoderne effleure le paradoxe absolu : être riche et célèbre au prix d’une précarité physique en brèche avec la mort. Karin Bernfeld, comédienne et écrivain, spécialiste des troubles alimentaires et de leurs rapports brutaux à « l’être femme », interrogera, à la lueur de ses écrits, l’obscénité du paraître masqué derrière le commerce des paillettes et l’attentisme sexuel arbitrairement affecté à la femme selon la tradition psychanalytique bourgeoise et les enjeux de la caste porno-financière (l’élite de la mode).
Karin Bernfeld est l'auteur de plusieurs ouvrages:Apologie de la passivité, Alice au Pays des Femelles, Déjouer les troubels alimentaires, obésité, anorexie, boulimie.
Anthropologue de formation, Bessora enrichira le débat en mettant à nu le décalage forcé par les medias entre la femme que l’on est et celle que l’on a rêvé d’être. Dans cet écart se niche le fantasme désespéré de celle qui ne trouve aucun compromis entre « icône glacée » et « ménagère mégère », deux images féminines figées par la publicité. L’anorexie trouve un terreau fertile dans cette impasse.
Bessora est l'auteur de nombreux romans dont: Et si Dieu me demande, dites-lui que je dors, Cueillez-moi jolis messieurs.
Vincent et Grischa prennent leur revanche en deuxième partie d’émission sur la violence faite au corps en le libérant, sous le soleil, exactement et pas n’importe où, du footbag. Performance artistico-sportive underground qui flirte avec des disciplines variées : jonglage, danse, gymnastique, contorsions circassiennes. Les corps se marionnettisent en cherchant l’équilibre esthétique dans l’excès d’effort et de précision. Le sport est-il le lieu d’un idéalisme corporel à jamais renouvelé ? On verra bien…
Samedi 12 avril donc, traversée des corps et des genres entre l’aiguille de la balance et la couronne de laurier.
Est-il encore possible de photographier les hauts lieux de la capitale et de ses environs sans risquer de ressasser et de ternir des clichés déjà bien usés? Les cartes postales et la boulimie "iconomique" des touristes ont achevé de faire disparaître le réel derrière un visuel qui ne sert plus à rien, sinon à compiler des souvenirs exemplaires pour nostalgiques de vacances et de spectacles architecturaux en tous genres.
FlickR est sans doute la banque photographique virtuelle qui offre le patrimoine le plus inégal en terme de qualité visuelle tant le meilleur et le pire s'y confondent. Concernant Paris et son cortège de monuments mythiques, quelques îlots de beauté surnagent parmis la vaste quantité de déchets dont la fonction de preuve ("j'y étais") prime sur l'originalité d'un regard ("qu'est-ce qui m'apparaît d'étrange?").
Au détour d'un Tchat, je rencontre Ding-Zhe, étudiant taïwanais installé à Paris. Nous parlons peu, il est occupé ce soir-là. Il m'envoie de suite un lien vers son album photos sur FlickR. C'est peut-être sa façon de rentrer en contact avec moi, d'instaurer un dialogue. On sait ce que l'icône, le pouvoir de représentation, a d'important dans la culture asiatique. Ding-Zhe m'offre cela, un simple click, et j'accède à son univers photograpique. Il ne voulait, ne pouvait, pas parler de suite. Il me fallait voir, voir plus que trois photos glanés sur un site de rencontres.
Je suis parisien, je ne regarde plus les monuments ni même leur immortalisation sous forme clichéique; je n'ai pas le temps; ça m'indiffère. Là, j'ai pris le temps, ce temps de redécouvrir un autre Paris, toujours monumental, magistral, infiniment grand dans son classicisme parfois, son modernisme aussi (Ding-Zhe adore Beaubourg). Ding-Zhe apparaît en demi teinte sur les photos, partenaire disparaissant dans un Paris auquel il laisse toute sa place en y manifestant sa discrète présence: non celle du touriste pressé, mais plutôt la présence de celui qui cherche à cloche-pied, légèrement perdu, un rien penché, une place mesurée, dans une séduisante réserve.
Et là, un écart fin se creuse entre lui et le paysage qui se révèle alors à moi dans ce décalage, ce jeu entre la serrure et la clé qui fait qu'on n'ouvre pas, mais que l'on sent comme un mystère qui nous avait échappé.
Souvent aussi, Ding-Zhe n'est pas sur les photos: drôles de perspectives, légers travers dans la prise des monuments, des rues, comme pour y dénicher l'erreur ou la maladresse dans le decorum.
Peut-être Ding-Zhe tend-il à une exigence: celle de supprimer le souvenir qui prépare toute photo à n'être qu'une représentation d'un réel déjà passé. Son regard est ici et maintenant, mais sous l'oeil joueur qui prend les choses à contre-courant, pourtant ça disparaît dans une clarté qui se dissoud.
Pas de passion pour l'origine historique, pas besoin de magnifier la grandeur déjà écrasante du patrimoine, il s'agit juste de prendre les murs, les pierres au moment où ils ne s'y attendent pas.
J'ai découvert en kiosque un journal étonnant, voici ce qu'en dit Wikipedia:
La Bougie du sapeur est depuis 1980 un journal périodique humoristique français qui paraît tous les 29 février, soit quasiment tous les quatre ans (les années bissextiles). Sa prochaine parution est prévue le 29 février 2008.
En 2004, en supplément du numéro 7, paraissait le numéro 1 de La Bougie du Sapeur - Dimanche, destiné à ne paraître que les 29 février qui sont aussi des dimanches (soit quasiment tous les 28 ans). Le prochain supplément accompagnera l'édition du dimanche 29 février 2032.
Son nom a été choisi en hommage au héros de bande dessinée créé par Christophe, le sapeur Camember, personnage né un 29 février, dont on souffle donc les bougies d'anniversaire à cette date presque quadriannuelle.
Le journal est tiré à 200 000 exemplaires. Il est distribué par les NMPP. Il a été fondé par Jacques Debuisson et Christian Bailly, son rédacteur en chef est Jean d'Indy, son directeur de la publication Richard Prideaux-Debuisson.
Fait amusant, à la fin du journal vendu 4 euros pièce, il y a un encart à découper pour s'abonner : 100 euros pour tout le XXIe siècle...
Et à ces mots, l'objectif de Vincent d'Eaubonne se dissout, comme noyé dans la beauté transparente de l'objet surpris. Vincent est photographe et le grain des peaux qu'il saisit semble à portée de doigts, comme le jouet de l'enfant, à portée de désir. Comme dans l'érotisme aussi, il y a, dans le travail de Vincent, la tentative de surprendre l'artiste dans une perfection qui ne va pas de soi, un sublime en brèche avec la maladresse. Une jouissance est là, qui rattrape la technique, celle du sujet qui chante, danse, se contorsionne, celle de Vincent qui chasse en plein vol, l'oiseau déjà blessé avant toute prise.On aimerait rentrer dans l'image, passer au delà de la preuve oculaire que Vincent donne de la beauté, toucher le "je ne sais quoi" autrement qu'avec les yeux. Sourires d'artistes, flagrant délit de jouissance scénique, comparution immédiate du clown devant le flash, les galeries de Vincent répètent cette joie de scène, en scène, sans qu'il ne soit besoin d'exiger cette parole qui va pour lui de soi: "Montre moi".
A visiter: http://vincent.eaubonne.free.fr
Penser la médiocrité est une urgence. Cela exige un discours certes, une méthode sans doute; mais la tâche s'avère d'une ampleur telle que je propose d'éviter toute réflexion sous forme de système, de raisonnement kantien ou de fadaises dixhuitiémistes faiblement lumineuses (tamisées en fait): le travail serait bien trop laborieux.
Urgence d'une réflexion sur la médiocrité, donc; à l'aide de pensées aphoristiques, de spasmes philosophiques copiés sur mon ami Nietzsche, nous pourrions forger un traité Par Delà le Nul et le Génial puisque ces deux termes sont les qualificatifs adolescents généralement employés pour caractériser, une chose, un truc, un téléfilm ou un jeu vidéo.
Mais au fond, pourquoi cette urgence? Parce que la médiocrité s'insinue dans la quasi totalité des sphères de la société avec une discrétion qui la rend louche, cet air "mine de rien", cette posture "à l'anglaise", à la "va comme j'te pousse"; cette attitude faussement désintéressée du gentil clébard qui s'approche de votre assiette en faisant semblant de ne pas avoir été remarqué. Entendons par médiocrité non pas le degré ultime de la "nullitude" dirait Ségo, mais le caractère moyen, inconséquent, "passe-partout", coussi-coussa, consensuel qui n'a même pas le mérite de l'ambiguïté pour être promu au rang de trouble fête.
En somme, un rien, du quelconque. Sans doute est-ce le mot, le titre même: Traité sur le quelconque. Voilà, j'ai trouvé le titre, c'est ça!
Il faudrait d'abord définir le quelconque, détailler les composantes de sa nature:
- l'absence de qualité remarquable
- son aspect informe
- sa propension à ne pas être vu
Une fois sa nature posée, arrêtons-nous un instant sur la fonction du quelconque dans la société:
- éviter les litiges ou les tergiversations en évacuant tout notion d'intérêt
- permettre à l'attention de se focaliser sur d'autres éléments que lui par processus de détournement (exemple: le divorce de Monsieur Le Président de la Répubique pendant les grèves; la libération de Madame Aubenas au lendemain du "Non" français à la Constitution européenne)
- faire passer le petit pour le grand en retournant le sens (exemple: les victimes sont les héros, les pauvres sont des fraudeurs qui pillent la société)
Enfin, la question de la valeur morale du quelconque se doit d'être soulevée:
- l'absence de profondeur et d'altitude inhérente au quelconque le rend étranger à tout pensée pessimiste ou idéaliste (à toute pensée tout court d'ailleurs).
- le quelconque ne défend ni la vérité ni l'obscurantisme mais se situe dans une pénombre intellectuelle qui empêche qu'on le condamne ou le défende totalement (un peu comme l'Education Nationale).
- Le quelconque trouve sa place entre l'estime et la dépreciation, dans le cocon du mitigé et de l'intermédiaire. Les anglais ont le mot juste: "in the average".
CONCLUSION: le quelconque fige toute pensée hiérarchique dans une mi-hauteur qui ne provoque pas le vertige tout en s'éloignant d'une mesquinerie trop marquée. En somme, le quelconque est cette opération au-delà de toute logique qui rend l'incertitude convaincante.
Bonne nuit.
Oui, voilà, vous avez gagné, je vais créer une rubrique spéciale qui vous permettra de mieux me connaître, une fois sorti de mes élucubrations littéraires, de mes diatribes politiques, de mes prises de position sans nuancier. Mais je vous préviens: je n'ai pas le style épuré de Madame Laurens, étant parfaitement incapable de tendre vers zéro, n'étant guère asymptotique par nature.
Je ferai donc ce que je pourrai. Je vous expliquerai par exemple, comment j'ai essayé d'aller chez mon psy en ayant fumé du shit il y a dix ans juste pour voir s'il allait s'en rendre compte; j'étalerai sans aucune retenue les premiers effets physiques causés par la lecture des oeuvres du Marquis de Sade à ma majorité lorsque mon père m'en fit cadeau "pour enfin, me dit-il, les lire"; également prévues, mes premières expériences sexuelles dans des douches de camping, bref, tout ce qui devrait normalement figurer dans un blog et que j'ai honteusement occulté depuis la naissance de ce journal virtuel.
Simplement, n'exigez pas de moi le style "touche pipi" préromantique à la Rousseau ou la fougue littéraire d'un Chateaubriand précurseur des coiffures de L'Oréal, je me situerai entre l'écriture délirante qui consiste à dire tout et n'importe quoi sous prétexte de démocratie et l'écriture impressionniste qui offre au lecteur la confirmation de ses propres valeurs (versant littéraire du populisme idéologique).
Etant néanmoins avare de confessions et autres débalages autobiographiques sans doute parce que la psychanalyse m'a permis de dilapider ma sensibilité personnelle et de me désintéresser de mon récit de vie, je vous demanderai de respecter la pudeur et la retenue avec laquelle mon intimité sera dévoilée dans l'espace cyberpublic et ce, non par crainte du ridicule (tout ce qui ne me tue pas m'est égal), mais par désintérêt profond de ma propre personne et de ce qui la constitue.
En conséquence, je vous propose du bon vieux ragot mijoté, de la rimaillerie nunuche pour vieille fille sans désir, ou de la plainte métaphysique héritée de Cioran pour justifier mes angoisses profondes dans un monde sans pitié.
Et croyez moi, je vous soumets cette idée après étude minutieuse de mon lectorat, plus particulièrement de celui qui tombe sur ces lignes après une recherche infructueuse dans google. Je vous fais grâce des mots clés utilisés pour arriver ici bas, dans le gouffre à idioties de Masterklaus, dont le nom résonne, j'en conviens, comme le cri de bête d'un dresseur de gladiateurs croupissant dans le plus interlope des backrooms parisiens.
La messe étant dite, les propositions sont ouvertes, à vous de me lancer des sujets autres que l'usage du participe présent dans la grammaire proustienne ou encore la domination du religieux sur le politique dans les dictatures arabo-musulmanes.
Enfin, je vous demande ça si vraiment, mais seulement si vraiment, ça vous intéresse...
Merde, j'ai oublié que nous étions le 11 septembre! Quel con.
Drôle d'endroit pour une rencontre. Je fêtais l'enterrement de vie de jeune fille d'une amie (oui ça existe encore!) et lui lançais comme défi de jouer à la barbichette avec un flic place de la Bastille. Comment? Vous ne saviez pas que j'étais puéril à ce point? Relisez donc Peter Pan, ou si ça vous gonfle, les notes qui précèdent celle-ci...
Pendant que mon amie se barbichait avec le poulet, un photographe l'a photographiée et m'a proposé de m'envoyer ce cliché que vous ne verrez jamais, parce que Sarkozy, parce que Fillon, parce et parce que...
Il s'appelle Vinc3nzo, le photographe pas le flic, et je lui consacre ce post non pour le seul service qu'il m'a rendu, mais peut-être pour deux photos qui ne sont que l'avant-goût d'un talent à surveiller de près. Voici les bestioles:
Châtelet les Halles, RER. Rien de très glamour a priori, mais pour le coup, le charme inquiétant de ce cliché fin du monde repose sur le désert du quai où l'on sent bien que l'attente ne sert plus à rien, jusqu'à devenir même oubli. Perspective en fuite, l'oeil du photographe lui-même se dissout dans cet espace sans âme, s'évaporant vers un horizon indépassable. J'arrête avant d'écrire un roman et vous propose le second cliché:
Théâtre de l'enfance évanouie, la fête foraine est ce lieu de tous nos fantasmes régressifs de glisse, de vitesse et de jeu, ici transformés (encore une fois) dans un noir et blanc qui connote une certaine anxiété. Les personnages s'approchent inexorablement de nous sans véritable intention de nous atteindre, mise en scène d'une petite paranoïa en image orchestré par l'objectif.
Objectif Vinc3nzo donc, dont je ne saurai trop vous conseiller le blog et la galerie, pourquoi pas le contact, avec ce funambule de l'art passionné entre autres par le monde de la nuit et ses images fugaces, les musiques électro, avec toujours cet oeil prompt à doter la réalité du visage de nos rêves, fous, infinis.
A suivre sans distance de sécurité.
Parmi les questions métaphysiques qui envahissent notre quotidien existe celle-ci: "comment lui dire je t'aime?" C'est un fait, l'expression du sentiment amoureux a du mal à trouver des formes renouvelées et originales soit par manque d'imagination pure et simple, ou parce que tout a déjà été dit, fait, inventé pour déclarer sa flamme à l'élu(e) de notre coeur. A défaut de tomber dans la violonnade arrosée de guimauve, force est de constater, à regret, qu'il nous faire désormais appel à des prestataires de services afin de dénicher l'art et la subtile manière de surprendre l'autre aimé(e). C'est là qu'intervient ApoteoSurprise au moment où notre carence poétique fait jour. ApoteoSurprise vous propose, clés en main, des formules adaptées à votre personnalité, chevaleresque ou nunuche, pour enrober votre partenaire potentiel dans le miel de votre désir. Vous pourrez donc lui dire je t'aime (ou vous éviter la répétition de cette locution) dans une taverne au moyen-âge (290 euros), avec une colombe (390 euros), lors d'une folle virée en 2 Chevaux (490 euros), lors d'un diner lyrique (590 euros), avec un SMS humain (590 euros, donc largement hors forfait), dans les rues de Montmartre (990 euros), dans un chalet sur une île (990 euros), sur un camion publicitaire (1490 euros), en survolant disneyland (1990 euros), dans un musée de poupées (2990 euros), en compagnie de Columbo (3990 euros), au stade de France (5990 euros), avec une patrouille aérienne (15900 euros), avec des SDF le long du canal Saint-Martin (j'déconne).
Donc: si vous avez le coeur à gauche et le portefeuille à droite, achetez votre art d'aimer et de le crier chez ApoteoSurprise. A ce prix-là, on espère ne pas avoir à le dire deux fois, les choses seront, a priori, suffisamment claires. On vous souhaite également de ne pas vous manger un rateau, votre banque risquerait de vous reprocher votre manque de stratégie.
Finie l'invitation au voyage baudelairien sur simple papier Pléiade, place au faste: quand on aime, etc...
Moi je vous aime mais je n'ai pas trop les moyens, ça devrait suffire à vous persuader de l'honnêteté de mes sentiments.
Antony and the Johnsons: I Am a Bird Now
Une voix couleur de noyade.
Benjamin Biolay: Trash Yéyé
N'achetez pas ça pour vous marrer, c'est de la poésie, de la vraie.
Keren Ann: Keren Ann
Un délice d'English pop veloutée à déguster sous sa couette les jours de grisaille. Chocolat chaud exigé.
Yann-Fanch Kemener: Dialogues
Chantre d'une Bretagne émerveillée des temps obscurs, Yann-Fanch Kemener fait daloguer musique savante et populaire dans un lyrisme intime et pénétrant. Incontournable.
Sigur Ros: Takk
Envolées lyriques proches du chant des sirènes, les morceaux de l'ablum Takk poursuivent la recherche postrock minmaliste de ce groupe islandais qui atteint le sublime.
Nathan Fake: Drowning in a sea of love
Si l'électro vous hérisse à ce point, lâchez vous sur cet album, vous finirez forcément par aimer ça: le romantisme planant réconcilie tout le monde, non?
Juliette Gréco: Le Temps d'une chanson
Juliette, muse de Saint-Germain, revisite le répertoire français avec l'éclectisme et la suavité qu'on lui connaît. Son dernier concert au Châtelet fût un moment de grâce, un de ces instants où le patrimoine national nous livre ses trésors en chansons.
Ellen Allien: Apparat
Depuis l'ablum Berlinette, en passant par Thrills, Ellen Allien la froideur d'une musique électronique indomptée et l'émotion de samples sortis du fond des années 80. Intense, grisant et vitaminé.
Casey: Tragédie d'une trajectoire
Du rap à l'état pur, contestataire et engagé, taillé dans une poésie sombre où le désespoir se consume dans la révolte.
Elliot Perlman: Ambiguïtés
Lorsqu'un acte tolère plus d'une interprétation, toutes les pistes sont possibles. Mais seule celle de l'humanité persiste, au-delà de toute condamnation. Un plaidoyer contre la morale financière et la tyrannie de la justice. Et surtout: un diamant d'écriture.
Bessora: Et si Dieu me demande, dites-lui que je dors
Voyage initiatique dans une amazonie littéraire en quête de souvenirs perdus. Drôle, touchant, baroque.
Samuel Beckett: Catastrophe et autres dramaticules
Aux limites de la poésie et du théâtre, des personnages de fin du monde manifestent leur épuisement, qui est aussi celui du langage. "Il reste peu à dire".
François Mauriac: Thérèse Desqueyroux
Vous aussi, vous subirez son charme.
René Schérer: Zeus hospitalier : Eloge de l'hospitalité
La mondialisation divise les convictions politiques: se replier dans une posture défensive et frileuse au nom d'une souveraineté féconde? ou bien s'ouvrir en vertu d'un droit cosmopolitique qui se borne aux conditions d'une hospitalité universelle? René Scherer décrasse le débat en extrayant l'hospitalité des coulisses de l'Histoire et de la philosophie.
Roland Barthes: Mythologies
Le strip tease, le steack-frites, le catch, l'Abbé Pierre: Barthes dissèque les marqueurs et signaux d'une époque saturée d'icônes représentatives de nos modes de vie, de croire et de pensée. Un ouvrage majeur.
Hakim Bey: TAZ
Occupation intermitente d'un territoire temporel ou spatial, le zone autonome est une force de subversion disparaissante qui échappe aux époques. Anonyme, elle reprend à l'espace qu'elle circonscrit la liberté qui lui a été volée. De la piraterie utopique à la cyber-culture, l'auteur analyse le potentiel révolutionnaire de ce mode intenable de contestation.
Naomi Klein: No Logo
Une critique acerbe de l'expansionnisme des marques et du grignotage de l'espace social par les identités marketing avec pour corollaires: l'appauvrissement culturel, la fabrication d'une utopie commerciale et les dérives de la course au profit transformant les populations en une masse nomade d'intérimaires.
Michel Maffesoli: Du Nomadisme: Vagabondages initiatiques
Outre Le Temps des Tribus, ouvrage majeur, Du Nomadisme montre comment les multiples formes de fluctuations du monde postmoderne donnent naissance à la notion de nébuleuse affective qui caractérise une nouvelle société fourmillante et atomisée en quête de nouveaux repères.
Fiammetta Venner: Extrême France
Le Front National est la synthèse d'une série de courants appartenant à la droite radicale: les mouvements nationaux-radicaux, royalistes, catholiques traditionalistes et provie. Dans une perspective historique et thématique, l'auteur passe au scalpel ces idéologies sous-jacente à l'ultra-droite. Un ouvvrage aussi sombre qu'éclairant qui se dévore comme un roman policier.